Covid19-GN: À Conakry, un groupe artistique engagé sensibilise au Covid-19 par le graffiti

Depuis quelques temps, l’on voit apparaître sur quelques murs de Conakry, des graffitis colorés. Ici et là, les gestes-barrière contre le Covid-19 sont reproduits et illustrés dans de remarquables scènes, toutes plus dynamiques les unes que les autres.

Rencontre avec l’un des artistes-graffeurs, auteurs de ce street-art qui se veut à la fois disruptif et sensibilisateur, Oumar Chimère Diaw, dont le groupe artistique est membre du collectif citoyen de riposte “Mou Corona Khaninma”, appuyé par Onu-Migration (OIM Guinée).

Comment l’art, en l’occurrence le street-art en ce qui vous concerne, peut aider à limiter la propagation du Covid-19 ?

Le graffiti est une forme d’art universelle et humaine.
Sensibiliser par le canal du graffiti est plus simple parce qu’il s’adresse à la rue. Qui dit graffiti dit visibilité. Raison pour laquelle, on les réalise dans des endroits toujours très fréquentés. Les gens apprécient et sont donc plus sensibles aux messages véhiculés. Selon moi, c’est un moyen de lutte efficace contre cette pandémie.

On retrouve déjà vos oeuvres à certains endroits de la capitale, comment avez-vous financé ces fresques ?

Oui, nous n’avons pas attendu de financements pour les faire parce que nous sommes des artistes engagés. Nous réutilisons du matériel qui provient d’activités antérieures qu’on garde en stock. Grâce à cela, on se lance avec les moyens du bord. Tous les graffitis que nous faisons proviennent à 80% de nos fonds propres.

Combien de temps cela vous prend par fresque et qu’est-ce qui vous motive  ?

Le rôle d’un artiste est de s’impliquer dans le quotidien. Un vrai artiste doit être au diapason de l’actualité qui l’entoure.
Lorsqu’on se lance dans la création d’une fresque, on ne vise pas la perfection. Pour nous, l’essentiel c’est le message, que la population en face de ces oeuvres puisse comprendre ce dont il s’agit. On veut de l’art pour sensibiliser le plus simplement possible et que cela soit accessible.
La durée quant à elle dépend de l’oeuvre, par exemple nous avons fait trois jours pour graffer le mur de Gbessia. Cela aurait pu se faire une journée si toutes les conditions étaient remplies.

Avez-vous eu besoin d’autorisations particulières ?

Pendant notre festival “Lassiry graffiti”, on avait eu des difficultés à les obtenir parce que le graffiti est très peu connu chez nous finalement.
Souvent on pense que c’est du vandalisme donc ce n’est pas facile. Mais le gouverneur de Conakry nous avait fait confiance en nous accordant l’autorisation de réaliser une fresque sur le pont 8 novembre. Pour la deuxième édition, la Bluezone a donné son accord.

Quelles sont les prochaines étapes de votre initiative ?

Nous allons continuer à réaliser nos fresques car nous ne sommes pas certains que la population ait bien compris l’utilité des gestes-barrière.
On a un objectif de deux-cents fresques minimum. Nous aimerions que même les villages les plus reculés soient touchés.

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